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Paul Gasbéogo: L’exemple du journaliste sportif en langue nationale

L’auditoire de Radio Burkina le connaît comme journaliste sportif en langue nationale mooré. Révélé au public sportif à la faveur de la CAN 98 organisée dans notre pays, Paul Gasbéogo a ajouté d’autres gibiers dans sa besace : présentation du journal et production d’émissions en mooré. Mais comment cet agent communal est- il arrivé à la Radio Rurale ?

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Le journalisme, il l’a aimé et le lorgnait depuis bien longtemps. Agent communal à la mairie de Ouagadougou, Paul Gasbéogo assurait également les fonctions d’animateur vedette des manifestations footballistiques dans les quartiers et départements de Ouagadougou. Mais il avait beaucoup plus de convoitise pour les journalistes. « Quand j’étais à la mairie j’écoutais les journalistes et depuis je cherchais une occasion pour venir à la radio », nous confie Paul Gasbéogo. Un jour, à l’issue d’une manifestation, le miracle se produisit. « C’est comme ça un jour quelqu’un de la radio dont je décide de taire le nom m’a approché pour me dire qu’il trouve que ce que je fais est bon. Il m’a donc proposé de venir à la radio faire un essai. Je n’ai pas trouvé d’inconvénients ; je suis allé, on m’a fait un test et une semaine après on m’a appelé pour me dire que ça a marché », se souvient le natif de Gueswendé dans la commune rurale de Tanghin Dassouri. C’était en 1997. Paul Gasbéogo dépose ses baluchons dans les locaux de la Radio Rurale où il bénéficiera plus tard de formations ciblées.

Une année après son arrivée, le Burkina Faso accueille la 21ème Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN 98). Sans entrainement préalable, Gasbéogo est titularisé sur le terrain du commentaire des matchs en mooré. L’essai se révélera concluant. Après le commentaire des matchs, Paul Gasbéogo se lance un autre défi, la présentation du journal parlé toujours en mooré. Aujourd’hui en plus du sport et de la présentation du journal, il est producteur d’émissions. Il explique ses succès par son amour pour le métier : « Pour faire un travail il faut d’abord l’aimer ». Les critiques sont pour lui un tremplin vers la perfection. « J’aime les critiques ; quand je fais quelque chose je demande toujours est-ce que c’est bon ? Si ce n’est pas bon ayez le courage de me dire ici là ce n’est pas bon, ça me permet de me corriger », affirme- t- il.

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A ses confrères et consœurs des langues nationales dans les autres médias, le message de Paul Gasbéogo est clair : aimer le travail et le faire correctement « parce que dans la traduction si tu ne fais pas attention tu peux mettre les gens dans le décor », prévient Paul. Aux autorités du pays il demande de reconsidérer les langues nationales car elles sont le moyen de communication par excellence de l’écrasante majorité du peuple burkinabè. Marié et père de trois enfants, Paul Gasbéogo s’estime fier d’être au service de la nation. « Nous ne travaillons pas pour nous- mêmes mais pour la population. Je suis fier de mon travail », se réjouit- il.

Koundjoro Gabriel Kambou