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Suspension des émissions interactives : Les professionnels des médias conseillent au CSC de lever sa mesure

mardi 19 mai 2015, par Abdoulaye Diallo
Suspension des émissions interactives

Les professionnels des médias conseillent au CSC de lever sa mesure dans les meilleurs delais

Plusieurs organisations professionnelles des médias, à la suite d’une rencontre avec le Conseil supérieur de la communication (CSC), le vendredi 15 mai 2015 au Centre national de presse Norbert Zongo, ont demandé la levée de la décision suspendant pour trois mois les émissions d’expression directes sur toutes les radios et télévisions, prise par le CSC il y a une semaine.

Vue des représentants des SOPP dans la salle du CNP-NZ


La délégation du Conseil supérieur de la communication, représentée par Jean de Dieu Vokouma, conseiller et le directeur de cabinet de la présidente du CSC, Nouhoun Tanou, a expliqué qu’elle est venue recueillir des « propositions concrètes » auprès des représentants des organisations professionnelles des médias, suite aux tensions nées de la décision du Conseil de suspendre pour trois mois « les émissions d’expressions directe sur les radiodiffusions sonores et télévisuelles » depuis le 6 mai dernier.
« On souhaiterait qu’au plus tard lundi, la mesure soit levée et qu’en ouvrant les radios on entende les populations apprécier la situation nationale », a lancé Justin Coulibaly, président du comité de pilotage du Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ) à l’endroit de la délégation.  
Les organisations représentées à cette rencontre dont l’Association des journalistes du Burkina (AJB), le Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (Synatic), la Société des Editeurs de la presse privée (SEP) etc., ont unanimement « proposé » de lever la mesure punissant collectivement l’ensemble des radios et télévisions du Burkina Faso, avant tout autre discussion visant à chercher des solutions aux dérives constatées lors des émissions interactives.
Elles n’ont pas manqué de réitéré leur désapprobation face à la mesure du CSC. « Ça m’a rappelé cette approche militaire où lorsqu’une seule personne commet une faute, c’est tout le monde qui est sanctionné » a fait comprendre Jean Claude Méda, président d’honneur de l’AJB et membre du comité de pilotage du CNP-NZ. Il a aussi rappelé que le CSC n’a pas usé de son pouvoir de contrainte avec parcimonie et a perdu de vue une de ses  missions qui est de promouvoir la liberté de presse.


Les deux responsables du CSC au cours des échanges

Pour Boureima Ouédraogo de la SEP, la mesure du CSC constitue un précédent « extrêmement dangereux » puisqu’elle sanctionne a priori. Elle rend la tâche plus compliquée pour le CSC à l’avenir car même les fautifs n’accepteront plus facilement une sanction émanant du CSC, note pour sa part le gestionnaire du CNP-NZ.
La délégation du CSC est repartie du Centre de presse avoir pris « bonne note ». Elle a promis de transmettre fidèlement les propositions des organisations professionnelles des médias au Conseillers du CSC.
« Nous partons avec en tête que vous avez demandé la levée de la sanction. C’est véritablement ce que nous allons transmettre aux conseillers » a rassuré Jean de Dieu Vokouma, l’un des signataires de la décision contestée du CSC.
Le directeur de Cabinet de la présidente du CSC a rectifié qu’il ne s’agissait pas d’une sanction mais d’une mesure. « La mesure était difficile à prendre, mais elle a été prise. Nous allons transmettre fidèlement votre proposition et le Conseil statuera », a-t-il dit.
C’est au cours d’un conseil extraordinaire le 6 mai 2015 que le CSC a décidé de suspendre pour trois mois les émissions d’expression directes sur les radios et les télévisions locales, à l’exception des émissions à caractère ludique, culturel et sentimental ainsi que les programmes axés sur la santé.
Il déclarait avoir observé de nombreux dérapages sur les émissions incriminées et motivait sa décision par le souci d’assurer un climat apaisé et propice à la cohésion sociale en cette période sensible de la vie de notre pays.
Mais de nombreuses organisations de la société civile avaient immédiatement protesté contre cette mesure. La coalition nationale de lutte contre la vie chère, (35 syndicats et associations) avait dénoncé un « bâillonnement du peuple », un « retour insidieux des régimes d’exception ».
L’Association des journalistes du Burkina Faso s’était également remontée contre cette « atteinte grave à la liberté d’expression » et demandé aux conseillers de lever « purement et simplement » cette décision. Sa position a été appuyée par 13 organisations professionnelles des médias qui, dans une déclaration le 11 mai 2015, ont exigé la levée sans délai de cette mesure tout en menaçant d’user d’autres voies pour se faire entendre.
En outre, elles avaient exprimé leur disponibilité à accompagner le CSC en vue d’un meilleur encadrement des émissions d’expressions directes. Car elles n’ont pas occulté les dérives dont parle le CSC. La rencontre de ce vendredi soir a permis de comprendre davantage que la proposition de ces organisations d’accompagner le CSC ne sera possible qu’avec un climat apaisé consécutif à la levée de la mesure du 6 mai 2015.
Aimé Mouor KAMBIRE

   

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