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Violences et attaques contre les Journalistes au Burkina : Article 19 écrit au Président du Faso

mercredi 24 septembre 2014, par Abdoulaye Diallo

Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE

Président de la République du Burkina Faso

03 BP : 7030

Ouagadougou 03

BURKINA FASO

Dakar, le 22 Septembre 2014

Objet : Violences et attaques contre les journalistes au Burkina Faso

 

Excellence Monsieur le Président,

Nous venons par cette présente lettre vous faire part de nos inquiétudes quant à la sécurité des journalistes au Burkina Faso.

ARTICLE
19 est une organisation de droits humains qui œuvre pour la promotion
et le respect de la liberté d’expression et l’accès à l’information.

Depuis
Mai 2013, après le vote du projet de mise en place du Sénat par
l’Assemblée Nationale du Burkina Faso, le pays vit sous le rythme de
vifs débats politiques et de contestations. Ce Contexte de tensions
politiques autour de la révision de l’article 37 de la Constitution, qui
limite à deux les mandats présidentiels, se traduit par une insécurité
de plus en plus grande pour les journalistes qui exercent leurs
fonctions.

Depuis le début de l’année 2014, notre organisation a
documenté une série de menaces et de violences sur la sécurité des
journalistes, allant de leur sécurité physique à des cambriolages de
leur lieu de travail.

Le 10 février 2014, le siège de l’hebdomadaire « L’Opinion »  a
été cambriolé et le matériel de travail appartenant aux journalistes et
au Directeur de publication ont disparu alors que des biens et des
objets de valeur plus importante ont été épargnés.

Caroline
Ouanre, présentatrice télé de la RTB a été menacée de suspension par son
Rédacteur en Chef pour avoir fait passer sans l’accord de son supérieur
hiérarchique, la conférence de presse du SYNATIC (Syndicat Autonome des Travailleurs de l’Information et de la Culture) dans les titres du Journal de 20 heures du 15 Mai 2014.

Le 30 juillet 2014, le journal Bimensuel « l’Evénement »  a été cambriolé et des effets du Rédacteur en Chef (son ordinateur, ainsi que divers documents) ont été dérobés.

Quelques semaines plus tard, le bimensuel « Complément d’enquêtes »
a fait l’objet d’un cambriolage dans la nuit du 15 au 16 août 2014.
Comme pour les précédents, le matériel de travail a été emporté.

Plus
inquiétant encore pour notre organisation, le journaliste Newton Ahmed
Barry a fait l’objet de plusieurs agressions. Depuis le début de l’année
2014, il a subi trois cambriolages et reçu plusieurs appels anonymes,
mettant ainsi sa vie en danger.

En février, sa maison a été
attaquée et son gardien agressé physiquement, alors qu’en mai, sa
voiture a été vandalisée. Enfin le 30 Juillet, le siège de son bimensuel
« L’Événement » a été cambriolé et son bureau a été visé.

Ces
graves agressions l’ont obligé à publier une lettre SOS pour dénoncer
et alerter sur les « graves menaces qui pèseraient sur sa vie. »

Selon
des sources locales crédibles de ARTICLE 19, après son SOS Monsieur
Barry a été reçu, sur instruction du Premier Ministre et du Ministre en
charge de la sécurité, par le Directeur Général de la police nationale
assisté du Directeur de la Sûreté. Le Directeur de la police nationale
lui a remis des numéros de téléphone qu’il devra appeler en cas
d’urgence et a promis de veiller sur sa sécurité.

Nous saluons
l’engagement ici pris par les autorités burkinabé de veiller sur sa
sécurité. Néanmoins, Monsieur Barry continue de recevoir des menaces et
appels anonymes. La dernière attaque date du 7 Septembre 2014 quand une
personne non identifiée a tenté de forcer la portière de sa voiture.

En
votre qualité de Président de la République du Burkina Faso, nous vous
sollicitons pour que des mesures adéquates soient prises par les
autorités compétentes, notamment celles en charge de la sécurité et de
la justice, pour prévenir des cas de violences graves comme celles
connues depuis le début de l’année 2014.

Nous demandons à votre
gouvernement une protection adéquate des professionnels de
l’information, conformément aux engagements internationaux, notamment la Déclaration de Bamako sur l’impunité, la justice et les droits de l’homme en Afrique de l’Ouest adoptée en décembre 2011 et la Déclaration de Principes sur la liberté d’expression en Afrique de 2002 qui prohibe les attaques perpétrées contre les journalistes.

ARTICLE
19 vous invite par ailleurs au respect de la résolution 68/163 des
Nations Unies de 2013 et la résolution 185 de la Commission Africaine
des Droits Humains et des Peuples (CADHP) portant sur la sécurité des
journalistes qui exhortent les Etats à prévenir les violences exercées
contre les journalistes et à lutter contre l’impunité de leurs auteurs.

ARTICLE
19 vous invite à prévenir les agressions contre les journalistes en
mettant en place des mécanismes efficaces pour protéger contre les
attaques et agressions futures.

ARTICLE 19 appelle le
gouvernement du Burkina Faso à traduire les auteurs des agressions
contre les journalistes devant les juridictions compétentes et à
s’assurer que des enquêtes indépendantes et impartiales soient
diligentées les cas d’agression précités

Dans l’attente d’une réponse favorable à nos préoccupations, nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Président, l’expression de notre très haute et respectueuse considération.

Fatou Jagne Senghor

 Directrice Régionale

 ARTICLE 19 Afrique de l’Ouest

Ampliations :

M. Beyon Luc Adolphe TIAO, premier ministre  

M. Dramane YAMEOGO, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux

M. Edouard Alain TRAORE, Ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement

Son Excellence Hippolyte OUEDRAOGO, Ambassadeur du Burkina Faso au Sénégal

M. David KAYE, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la Liberté d’Opinion et d’Expression

Madame
Pansy TLAKULA, Rapporteur Spéciale sur la Liberté d’Expression et
l’Accès à l’Information de la Commission Africaine des Droits de l’Homme
et des Peuples.

- See more at :
http://www.article19.org/resources....

Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE

Président de la République du Burkina Faso

03 BP : 7030

Ouagadougou 03

BURKINA FASO

Dakar, le 22 Septembre 2014

Objet : Violences et attaques contre les journalistes au Burkina Faso

 

Excellence Monsieur le Président,

Nous venons par cette présente lettre vous faire part de nos inquiétudes quant à la sécurité des journalistes au Burkina Faso.

ARTICLE
19 est une organisation de droits humains qui œuvre pour la promotion
et le respect de la liberté d’expression et l’accès à l’information.

Depuis
Mai 2013, après le vote du projet de mise en place du Sénat par
l’Assemblée Nationale du Burkina Faso, le pays vit sous le rythme de
vifs débats politiques et de contestations. Ce Contexte de tensions
politiques autour de la révision de l’article 37 de la Constitution, qui
limite à deux les mandats présidentiels, se traduit par une insécurité
de plus en plus grande pour les journalistes qui exercent leurs
fonctions.

Depuis le début de l’année 2014, notre organisation a
documenté une série de menaces et de violences sur la sécurité des
journalistes, allant de leur sécurité physique à des cambriolages de
leur lieu de travail.

Le 10 février 2014, le siège de l’hebdomadaire « L’Opinion »  a
été cambriolé et le matériel de travail appartenant aux journalistes et
au Directeur de publication ont disparu alors que des biens et des
objets de valeur plus importante ont été épargnés.

Caroline
Ouanre, présentatrice télé de la RTB a été menacée de suspension par son
Rédacteur en Chef pour avoir fait passer sans l’accord de son supérieur
hiérarchique, la conférence de presse du SYNATIC (Syndicat Autonome des Travailleurs de l’Information et de la Culture) dans les titres du Journal de 20 heures du 15 Mai 2014.

Le 30 juillet 2014, le journal Bimensuel « l’Evénement »  a été cambriolé et des effets du Rédacteur en Chef (son ordinateur, ainsi que divers documents) ont été dérobés.

Quelques semaines plus tard, le bimensuel « Complément d’enquêtes »
a fait l’objet d’un cambriolage dans la nuit du 15 au 16 août 2014.
Comme pour les précédents, le matériel de travail a été emporté.

Plus
inquiétant encore pour notre organisation, le journaliste Newton Ahmed
Barry a fait l’objet de plusieurs agressions. Depuis le début de l’année
2014, il a subi trois cambriolages et reçu plusieurs appels anonymes,
mettant ainsi sa vie en danger.

En février, sa maison a été
attaquée et son gardien agressé physiquement, alors qu’en mai, sa
voiture a été vandalisée. Enfin le 30 Juillet, le siège de son bimensuel
« L’Événement » a été cambriolé et son bureau a été visé.

Ces
graves agressions l’ont obligé à publier une lettre SOS pour dénoncer
et alerter sur les « graves menaces qui pèseraient sur sa vie. »

Selon
des sources locales crédibles de ARTICLE 19, après son SOS Monsieur
Barry a été reçu, sur instruction du Premier Ministre et du Ministre en
charge de la sécurité, par le Directeur Général de la police nationale
assisté du Directeur de la Sûreté. Le Directeur de la police nationale
lui a remis des numéros de téléphone qu’il devra appeler en cas
d’urgence et a promis de veiller sur sa sécurité.

Nous saluons
l’engagement ici pris par les autorités burkinabé de veiller sur sa
sécurité. Néanmoins, Monsieur Barry continue de recevoir des menaces et
appels anonymes. La dernière attaque date du 7 Septembre 2014 quand une
personne non identifiée a tenté de forcer la portière de sa voiture.

En
votre qualité de Président de la République du Burkina Faso, nous vous
sollicitons pour que des mesures adéquates soient prises par les
autorités compétentes, notamment celles en charge de la sécurité et de
la justice, pour prévenir des cas de violences graves comme celles
connues depuis le début de l’année 2014.

Nous demandons à votre
gouvernement une protection adéquate des professionnels de
l’information, conformément aux engagements internationaux, notamment la Déclaration de Bamako sur l’impunité, la justice et les droits de l’homme en Afrique de l’Ouest adoptée en décembre 2011 et la Déclaration de Principes sur la liberté d’expression en Afrique de 2002 qui prohibe les attaques perpétrées contre les journalistes.

ARTICLE
19 vous invite par ailleurs au respect de la résolution 68/163 des
Nations Unies de 2013 et la résolution 185 de la Commission Africaine
des Droits Humains et des Peuples (CADHP) portant sur la sécurité des
journalistes qui exhortent les Etats à prévenir les violences exercées
contre les journalistes et à lutter contre l’impunité de leurs auteurs.

ARTICLE
19 vous invite à prévenir les agressions contre les journalistes en
mettant en place des mécanismes efficaces pour protéger contre les
attaques et agressions futures.

ARTICLE 19 appelle le
gouvernement du Burkina Faso à traduire les auteurs des agressions
contre les journalistes devant les juridictions compétentes et à
s’assurer que des enquêtes indépendantes et impartiales soient
diligentées les cas d’agression précités

Dans l’attente d’une réponse favorable à nos préoccupations, nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Président, l’expression de notre très haute et respectueuse considération.

Fatou Jagne Senghor

 Directrice Régionale

 ARTICLE 19 Afrique de l’Ouest

Ampliations :

M. Beyon Luc Adolphe TIAO, premier ministre  

M. Dramane YAMEOGO, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux

M. Edouard Alain TRAORE, Ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement

Son Excellence Hippolyte OUEDRAOGO, Ambassadeur du Burkina Faso au Sénégal

M. David KAYE, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la Liberté d’Opinion et d’Expression

Madame
Pansy TLAKULA, Rapporteur Spéciale sur la Liberté d’Expression et
l’Accès à l’Information de la Commission Africaine des Droits de l’Homme
et des Peuples.

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Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE

Président de la République du Burkina Faso

03 BP : 7030

Ouagadougou 03

BURKINA FASO

Dakar, le 22 Septembre 2014

Objet : Violences et attaques contre les journalistes au Burkina Faso

 

Excellence Monsieur le Président,

Nous venons par cette présente lettre vous faire part de nos inquiétudes quant à la sécurité des journalistes au Burkina Faso.

ARTICLE 19 est une organisation de droits humains qui œuvre pour la promotion et le respect de la liberté d’expression et l’accès à l’information.

Depuis Mai 2013, après le vote du projet de mise en place du Sénat par l’Assemblée Nationale du Burkina Faso, le pays vit sous le rythme de vifs débats politiques et de contestations. Ce Contexte de tensions politiques autour de la révision de l’article 37 de la Constitution, qui limite à deux les mandats présidentiels, se traduit par une insécurité de plus en plus grande pour les journalistes qui exercent leurs fonctions.

Depuis le début de l’année 2014, notre organisation a documenté une série de menaces et de violences sur la sécurité des journalistes, allant de leur sécurité physique à des cambriolages de leur lieu de travail.

Le 10 février 2014, le siège de l’hebdomadaire « L’Opinion »  a été cambriolé et le matériel de travail appartenant aux journalistes et au Directeur de publication ont disparu alors que des biens et des objets de valeur plus importante ont été épargnés.

Caroline Ouanre, présentatrice télé de la RTB a été menacée de suspension par son Rédacteur en Chef pour avoir fait passer sans l’accord de son supérieur hiérarchique, la conférence de presse du SYNATIC (Syndicat Autonome des Travailleurs de l’Information et de la Culture) dans les titres du Journal de 20 heures du 15 Mai 2014.

Le 30 juillet 2014, le journal Bimensuel « l’Evénement »  a été cambriolé et des effets du Rédacteur en Chef (son ordinateur, ainsi que divers documents) ont été dérobés.

Quelques semaines plus tard, le bimensuel « Complément d’enquêtes » a fait l’objet d’un cambriolage dans la nuit du 15 au 16 août 2014. Comme pour les précédents, le matériel de travail a été emporté.

Plus inquiétant encore pour notre organisation, le journaliste Newton Ahmed Barry a fait l’objet de plusieurs agressions. Depuis le début de l’année 2014, il a subi trois cambriolages et reçu plusieurs appels anonymes, mettant ainsi sa vie en danger.

En février, sa maison a été attaquée et son gardien agressé physiquement, alors qu’en mai, sa voiture a été vandalisée. Enfin le 30 Juillet, le siège de son bimensuel « L’Événement » a été cambriolé et son bureau a été visé.

Ces graves agressions l’ont obligé à publier une lettre SOS pour dénoncer et alerter sur les « graves menaces qui pèseraient sur sa vie. »

Selon des sources locales crédibles de ARTICLE 19, après son SOS Monsieur Barry a été reçu, sur instruction du Premier Ministre et du Ministre en charge de la sécurité, par le Directeur Général de la police nationale assisté du Directeur de la Sûreté. Le Directeur de la police nationale lui a remis des numéros de téléphone qu’il devra appeler en cas d’urgence et a promis de veiller sur sa sécurité.

Nous saluons l’engagement ici pris par les autorités burkinabé de veiller sur sa sécurité. Néanmoins, Monsieur Barry continue de recevoir des menaces et appels anonymes. La dernière attaque date du 7 Septembre 2014 quand une personne non identifiée a tenté de forcer la portière de sa voiture.

En votre qualité de Président de la République du Burkina Faso, nous vous sollicitons pour que des mesures adéquates soient prises par les autorités compétentes, notamment celles en charge de la sécurité et de la justice, pour prévenir des cas de violences graves comme celles connues depuis le début de l’année 2014.

Nous demandons à votre gouvernement une protection adéquate des professionnels de l’information, conformément aux engagements internationaux, notamment la Déclaration de Bamako sur l’impunité, la justice et les droits de l’homme en Afrique de l’Ouest adoptée en décembre 2011 et la Déclaration de Principes sur la liberté d’expression en Afrique de 2002 qui prohibe les attaques perpétrées contre les journalistes.

ARTICLE 19 vous invite par ailleurs au respect de la résolution 68/163 des Nations Unies de 2013 et la résolution 185 de la Commission Africaine des Droits Humains et des Peuples (CADHP) portant sur la sécurité des journalistes qui exhortent les Etats à prévenir les violences exercées contre les journalistes et à lutter contre l’impunité de leurs auteurs.

ARTICLE 19 vous invite à prévenir les agressions contre les journalistes en mettant en place des mécanismes efficaces pour protéger contre les attaques et agressions futures.

ARTICLE 19 appelle le gouvernement du Burkina Faso à traduire les auteurs des agressions contre les journalistes devant les juridictions compétentes et à s’assurer que des enquêtes indépendantes et impartiales soient diligentées les cas d’agression précités

Dans l’attente d’une réponse favorable à nos préoccupations, nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Président, l’expression de notre très haute et respectueuse considération.

Fatou Jagne Senghor

 Directrice Régionale

 ARTICLE 19 Afrique de l’Ouest

Ampliations :

M. Beyon Luc Adolphe TIAO, premier ministre 

M. Dramane YAMEOGO, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux

M. Edouard Alain TRAORE, Ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement

Son Excellence Hippolyte OUEDRAOGO, Ambassadeur du Burkina Faso au Sénégal

M. David KAYE, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la Liberté d’Opinion et d’Expression

Madame Pansy TLAKULA, Rapporteur Spéciale sur la Liberté d’Expression et l’Accès à l’Information de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.

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